1. La libre circulation des personnes est un élément indispensable à notre politique de recrutement et un élargissement des opportunités de carrière au sein du groupe pour les collaborateurs suisses. Nos entreprises recrutent depuis toujours activement sur le marché suisse et une grande partie des collaborateurs de la société sont de nationalité suisse. Cependant, l’activité de notre commune, centrée autour du tourisme, de l’agriculture et de la viticulture, nous conduit à engager des collaborateurs dans d’autres pays et plus particulièrement dans l’UE. Il est illusoire d’imaginer que nous pourrions trouver en Suisse tous les bras et le personnel plus ou moins qualifié dont nous avons besoin chez nous dans nos domaines d’activités. Cela ne serait d’ailleurs pas souhaitable. Nos activités doivent reposer sur la plus large diversité possible de compétences.

Un non à la libre circulation des personnes conduirait au retour du système des quotas que nous avons connu avant 2002 et rendrait nos efforts de recrutement infiniment plus difficiles. La libre circulation des personnes, c’est également la possibilité pour les collaborateurs suisses de la société d’envisager avec facilité des opportunités de développement dans d’autres entreprises en Europe. Il est évident que l’UE avec ses 220 millions de travailleurs n’a pas besoin du marché de l’emploi suisse. L’UE ne démontrerait ainsi probablement aucune flexibilité à l’octroi de permis pour des travailleurs suisses dans l’hypothèse d’un non le 8 février prochain.

2. L’accord sur le transport aérien est essentiel pour le développement de notre aéroport international de Genève et de même pour celui cantonal de SION.

Les employés de nos entreprises spécialisées et quelques fois très pointues qui peuvent avoir une vocation internationale, doivent pouvoir se déplacer facilement grâce à de bonnes liaisons aériennes. Il en est de même pour les touristes qui veulent venir chez nous pour le week-end.

C’est un des atouts de notre canton que d’être relié à toute l’Europe. L’accord avec l’UE permet d’éviter que chaque ligne fasse l’objet d’un accord séparé avec le pays destinataire qui pourrait à défaut régler l’heure, la fréquence, le prix du vol, etc. et en général plutôt au détriment de Genève et à l’avantage des compagnies et des aéroports de son pays. Cela paraît impensable aujourd’hui, mais c’était pourtant la situation qui prévalait avant 2002. Sans les libertés aériennes obtenues grâce aux accords bilatéraux, l’Aéroport de Genève aurait énormément perdu de son importance. Genève a déjà perdu la plupart de ses liaisons intercontinentales. Il serait évidemment dommageable et coûteux de devoir transiter par un autre aéroport pour des vols à destination des principales places européennes et à plus forte raison depuis les capitales européennes en direction de la Suisse. N’oublions pas l’importance prépondérante de l’afflux touristique de la clientèle européenne, tout au long des week-ends, spécialement durant la saison hivernale.

3. L’accord sur la recherche est également une condition cadre indispensable à nos entreprises.

Les universités de Genève et de Lausanne, l’EPFL et les Hautes Ecoles Spécialisées peuvent actuellement collaborer facilement avec les universités européennes, échanger des talents, accueillir des chercheurs de haut niveau, participer et diriger un programme de recherche financé par l’UE grâce à cet accord. A titre de comparaison, l’Union européenne, c’est un budget de soutien à la recherche de plus de 7 milliards d’euros par année auquel les chercheurs suisses peuvent participer ; la Confédération elle, met à disposition du Fond National Suisse pour la Recherche 500 millions de francs par année. Les centres académiques suisses ne pourraient plus être compétitifs à un niveau international sans cet accord. Il est dans l'intérêt de nos entreprises de pouvoir disposer de centres universitaires de haut niveau en Suisse, à proximité de nos activités de recherche et développement. A défaut de cet accord, de nombreux projets devraient être conduits à l‘avenir à partir d’autres centres de recherche de l’UE provoquant des pertes de postes de travail considérables et de haute valeur ajoutée.

4. Le dernier accord en jeu, moins connu, est l’accord sur les obstacles techniques au commerce, qui facilite l’exportation de marchandises en Europe. Cet accord réduit les entraves techniques dues à des normes différentes, supprime les vérifications techniques à l’importation et permet ainsi aux entreprises suisses d’économiser des coûts inutiles. Nos entreprises profitent largement de ces économies. Cet accord, à l’instar de l’accord sur la libre circulation des personnes et de celui sur le transport aérien représente également un argument dans la compétitivité de la Suisse comme centre d’implantation de nouvelles entreprises.

Finalement, un mot sur une question qui a soulevé beaucoup de polémique ces derniers temps. La votation du 8 février porte sur deux objets que le Parlement fédéral a lié dans le cadre du scrutin : le renouvellement de l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’Europe des 25 et l’extension de cet accord aux deux nouveaux membres de l’Union, la Roumanie et la Bulgarie.

Le renouvellement de l’accord sur la libre circulation des personnes, voulu par la Suisse, a été juridiquement lié par l’UE en 2002 aux autres accords conclu en même temps : si la Suisse ne renouvelle pas l’accord sur la libre circulation des personnes cette année, à l’issue de la période initiale de 7 ans, les autres accords tombent automatiquement. Cette clause, dite « clause guillotine » est écrite noir sur blanc à l’article 25, alinéa 4 de l’accord sur la libre circulation des personnes. Prétendre le contraire, comme le font certains, relève de la contre-vérité et de la mauvaise foi. Prétendre par ailleurs que l’UE n’aurait pas d’autre choix que de renégocier avec la Suisse si le peuple votait non le 8 février relève de la naïveté. Est-il réellement imaginable que la Suisse puisse exiger de l’UE qu’elle exclue deux de ses Etats membres d’un accord international et les traite en « citoyens de seconde classe » ? Est-ce que la Suisse accepterait de signer un traité international en excluant deux cantons ? Par ailleurs, la Suisse a un certain nombre de désaccords avec l’UE, notamment sur la fiscalité. Est-il réaliste d’imaginer que la Suisse, seule contre 27 dans une nouvelle négociation, puisse tenir le couteau par le manche et n’ait pas à accepter des concessions plus larges que celles qu’elle a consenties en 2002 pour obtenir la même chose, soit un accès au marché européen sur un pied d’égalité avec les 27 Etats membres de l’UE?

La votation du 8 février est certainement la votation la plus importante de cette décade pour l’avenir de la Suisse. Laissons donc les nuées de corbeaux UDC se regrouper sur les immondices où ils ont l’habitude de se repaître et acceptons et faisons accepter ces accords sans restriction aucune pour l’avenir de notre pays et celui de nos enfants.

A vous citoyens libéraux radicaux et les autres de prendre vos responsabilités et de voter clairement OUI.

Merci de votre attention.

Le PLR de Chamoson.